Nouvelles données anatomiques et piste de réflexion pour le trail

Réflexion sur l’emboitement  «jambes hautes- jambes basses»

D’un point de vue anatomique, il serait bien d’expliquer comment fonctionne le schéma biomécanique des jambes pendant l’effort et donc faire comprendre que les muscles du haut des jambes (tractus, ischios, quadri) s’emboitent et s’insèrent sur les muscles du bas des jambes (gastrocnémiens, jambiers). Inversement les muscles du bas des jambes s’emboitent eux aussi sur la partie haute.

C’est donc sur une logique «d’emboitement musculaire réciproque» qu’il faut peut être mettre en avant. Et réfléchir davantage sur cette modélisation.

Pour résumer il me semble important de se questionner sur le sens anatomique du mouvement de haut en bas ou de bas en haut, et non latéral!

Un exemple …

La pose du pied en montée comme en descente se fait bien souvent vers l’extérieur, soit pour faire avancer le centre de masse plus facilement face à la pente, en grimpant, soit pour se stabiliser en descente.

Nous avons donc remarqué que le «tractus iliotibialis» était donc davantage sollicité aussi bien en mode «montée» (concentrique), qu’en mode descente (excentrique, voir pliométrique).

La bandelette ilio-tibiale ou bandelette de Maissiat (bande aka Maissiat, IT Band) est en fait un renfort fibreux longitudinal du fascia lata. Il est attaché à la partie de la lèvre externe de la crête iliaque et au condyle latéral du tibia. Il est important de préciser que le tractus s’insert sur le muscle grand fessier et le tenseur du facia lata (TFL).

Élasticité des tendons d’Achille et rotation de l’os coxal

Une étude récente de l’école d’Anthropologie de l’Université de l’Arizona (Tucson, AZ 85721, États-Unis) vient nous éclairer sur le rôle important du calcanéum (le plus volumineux des os du tarse) dans l’économie de course, grâce à l’élasticité du tendon d’Achille. Ainsi l’hypothèse est qu’il y aurait une forte corrélation entre l’anatomie du calcanéum et l’économie en course: le stockage d’énergie puis la libération par une déformation élastique dans le talon d’Achille tendon jouerait de ce fait un rôle important dans la réduction du coût énergétique dans le déplacement (Scholz et al., 2008).

Comme on peut le constater sur la figure, l’orientation de l’angle d’inclinaison  de l’articulation sous-talienne montre de grandes différences interindividuelles par rapport à une déviation standard «SD» (selon Inman, 1976). Cette inclinaison peut varier entre 21° et 69°. Très intéressant donc, lorsque l’on sait que le vrai spécialiste de trail peut alterner entre la marche et la course très rapidement au cours de l’effort en montée et donc jouer sur les forces et les amplitudes de foulées, et donc sur l’inclinaison du pied:

  • foulée très courte en courant donc davantage de pression sur les cuisses (quadriceps),
  • foulée plus longue et étirée en marchant, donc pression sur les fléchisseurs des pieds et élasticité du tendon d’Achille

De plus, il a été démontré par Smidt (1995) que lorsque vous marchez il se produit une rotation de l’os coxal gauche et droit plus prononcée qu’en courant, et donc un écart plus grand entre les épines iliaques antérosupérieure (EIAS) et postérosupérieure (EIPS) (voir figure ).                  Ce qui peut optimiser l’amplitude du déplacement de la marche en montée, car en fait on peut aller chercher un appui du pied plus haut et donc créer une tension élastique (et non en force) au niveau du tendon d’Achille puis du mollet qui lui même va restituer cette force.

Nouvelle rubrique  » santé et prévention »

Cette nouvelle rubrique est en fait la conséquence d’une rencontre avec une personne extrêmement compétente, mais aussi passionnée. En effet depuis l’arrivée sur l’île de La Réunion de Christian, j’ai découvert de nouveaux horizons de réflexions sur la pratique du trail et de ses conséquences biomécaniques et physiologiques sur notre corps. Entraîneur Fédéral d’athlétisme mais aussi praticien enseignant, et  Instructeur de Shiatsu Namikoshi, Membre de Namikoshi Shiatsu Europa (lesenseignants.html), Christian a en fait une approche originale et très éclairée. Tout d’abord il possède une connaissance anatomique hors norme. Son approche systémique sur les méridiens, avec les conséquences engendrées par les multiples traumatismes liés au trail est un mode d’entrée plus que séduisant. En effet cette modélisation me permet non seulement d’ouvrir de nouvelles pistes sur la biomécanique de la pratique du trail, mais aussi d’engager de multiples réflexions sur l’individualité de la personne (âge, morphologie, système nerveux….). De nouveaux articles plus que passionnants en perspective !